natalia borodin

Natalia Borodin, scénariste

Née à Bratislava (Tchécoslovaquie, aujourd'hui la Slovaquie). Nationalité française et américaine. | Cinq ans d'études à la FAMU (Académie des Beaux Arts à Prague, département Cinéma, section Scénario et Dramaturgie) dans la classe de Milan Kundera. | Après le départ de Tchécoslovaquie, soutenance d'une thèse de doctorat (avec la mention très bien) à Paris 1 - Sorbonne: "Peut-on adapter à l'ecran La Recherche du temps perdu de Marcel Proust?" | Elle a été assistante des réalisateurs Grigori Kozintsev, Alain Robbe-Grillet, René Laloux, et a travaillé (entre autres) comme scénariste pour et avec Juraj Jakubisko, Dusan Hanak, Jaromil Jires, Walerian Borowczyk, Jean Jacques Andrien, Pierre Beuchot. | Conception & scénarios pour les documentaires TURN OUT THE LIGHTS, THE PARTY IS OVER sur la joueuse de tennis Martina Navratilova, POUR SUSO... sur Suso Cecchi d'Amico, scénariste de Luchino Visconti, L'ADORATION PERPETUELLE (avec Thierry Thomas) sur la lecture et les lecteurs de la Recherche du temps perdu et L'ORGUE, LES MUSICIENS INVISIBLES, sur Susan Landale, organiste. Adaptations pour la télévision d'après Dominik Tatarka, Vassili Choukchine, Mario Benedetti, Italo Svevo, Balzac, Stendhal, Henry James. Traitement pour un téléfilm BERLIN, POUR TOUJOURS (2014, production Denis Friedman); traitement pour un film de long métrage ODYSEE D’UN HOMME HEUREUX (Emil Zatopek) (2015). Scénarios de long métrage dont LE MINUIT DE L'ANNEE (sur le peintre Maria Bashkirtseff), LA JOIE SILENCIEUSE (le sujet et la première version du scénario) de Dusan Hanak (le film a été distribué en Angleterre et aux USA sous le titre QUIET JOY), CORTO MALTESE, LA COUR SECRETE DES ARCANES, une adaptation cinématographique de la bande dessinée de Hugo Pratt (réalisation Pascal Morelli) et PATRIA MIA (Bourse/Prix Beaumarchais), le scénario librement inspiré par les mémoires de l'écrivain Jiri Mucha (Au seuil de la nuit dans la traduction française).

PATRIA MIA

L'histoire de PATRIA MIA (titre à la fois ironique et tragique) se passe dans les années 1936 - 1940, en France, en Tchécoslovaquie, et traverse l'Allemagne et le Portugal. Elle est inspirée du livre de mémoires de l'écrivain tchèque Jiri Mucha «Au seuil de la nuit» (en traduction française).

Les personnages principaux en sont Vita (Vitezslava) Kapralova (1915-1940), compositrice et chef d'orchestre (dont la musique a été jouée en Europe avant la guerre avec celle de Martinu, Stravinsky, Schönberg, Hindemith), le compositeur tchèque Bohuslav Martinu (1890-1959) et Jiri Mucha (1915-1991), le fils du peintre Alphonse Mucha, étudiant de médecine, devenu journaliste et écrivain. Le quatrième « personnage principal » est la musique surtout celle de Martinu et de Kapralova mais aussi la musique populaire de ces années là le swing et le jazz (Bunny Berigan et Stéphane Grappelli).

Le genre du film : Ce sont les histoires (souvent tragicomiques) des exilés à l'orée de la guerre. PATRIA MIA, en dépit des événements tragiques qu'elle contient, devrait être plutôt une comédie âpre et mélancolique sur les destinées humaines aux prises avec l'Histoire.

Le travail sur le son devrait être important, Kapralova et Martinu sont compositeurs et leur perception des sons est particulière. De même, les images de corps humains devraient être travaillées particulièrement : les années trente ont été des années où le culte du corps a été très fort.

Des images d'archives font partie de plusieurs séquences, mais souvent le scénario montre les événements en mettant en scènes quelques « incidents » ou quelques actions dramatiques qui peuvent exprimer « en raccourci » et d'une manière plus percutante l'atmosphère de cette époque-là : incertitude, attente, peur, insouciance, brutalité.

Le scénario (écrit en français) a reçu la bourse de la Fondation BEAUMARCHAIS (Commission long métrage). Il a été aussi soutenu par BEAUMARCHAIS pour une traduction anglaise.



Photo: Karel Steiner